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Purple Moon Chronicles, ou le néant cosmique par excellence...

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PurpleMoon-Eve

Description :

"Nous devons nous souvenir des idéaux, et non de l'homme. Car l'homme peut échouer. Il peut être prit. Il peut être tué, et oublié, mais quatre cent ans plus tard, ses convictions peuvent encore changer le monde...

J'ai été témoin de la puissance des idées. J'ai vu des gens tuer en leur nom, et mourir en les défendant.

Mais vous ne pouvez embrasser une idée. Vous ne pouvez la toucher, ni l'étreindre. Les idées ne saignent pas, et ne ressentent rien. Ni la douleur, ni l'amour...

Aujourd'hui, ce n'est pas une idée que je pleure, c'est un homme.

Un homme que je n'oublierais jamais..."








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“ Enjoy little things... ” - mardi 31 janvier 2012 06:19

"Ûruz Naudiz Sôwilô..." - OS

"Ûruz Naudiz Sôwilô..." - OS




Ceci est le premier crossover que je poste.
C'est un NarutoXAvengers.

Amusez-vous...









"Ûruz Naudiz Sôwilô"
...La Pluie a besoin du Soleil...











J'avais tenté de détruire la Terre, et j'avais échoué.

J'avais haï, pleuré, regretté... j'avais souhaité, parfois, que mon frère me sauve de ma folie, et à d'autres moments, j'avais voulu en finir. Disparaître.

Ne plus exister aurait été si doux...

Je fus enfermé dans une geôle, enchaîné au mur, et chaque jour, quelqu'un venait me faire la morale, ou me cracher au visage. Je les ai haïs, tellement haïs, tous.

Tous !

Tous, en particulier ce prétendu père qui préférait m'enfermer plutôt que d'en finir avec moi, et ce frère, mon cher frère qui n'a jamais eu le courage de m'achever, qu'importe mes crimes !

Quand apprendront-ils ?

La sentence ne se fit pas trop attendre. Odin, voyant à quel point la vie sur Midgard avait réussi à son véritable fils, décida de m'envoyer à mon tour dans l'un des mondes des hommes. Oh, pas le même que Thor, ce serait tenter mon cher frère de venir fouiner...

Le Père de tout trouva un enfant qui devait mourir à la naissance, et y souffla mon âme, songeant que je pourrais apprendre les vertus d'une vie honorable dans une famille noble sachant se battre pour obtenir ce qu'elle veut, et pour protéger autrui... quelle erreur.

Pendant vingt ans, j'ai porté le nom de Uchiha.

Uchiha Sasuke.

Une fois de plus, j'étais un petit frère dont le père favorisait le génial aîné. J'ai aimé, et comme si ce destin était gravé dans la pierre, j'ai été trahi.

On m'a menti, et adulé, on a laissé la haine et la solitude me ronger, et mon frère, mon cher frère Itachi, je l'ai haï plus que tout au monde, et je l'ai tué !

Mais cela ne m'a nullement soulagé.

Pendant vingt ans, j'ai été plus fou et désespéré que jamais je ne l'avais été durant toute ma divine existence, et personne ne pouvait m'arrêter, personne n'avait le désir de me rattraper, de poser ma tête sur une épaule et me demander de pleurer... personne, sauf lui.

Je l'ai trahi et presque battu à mort. Tout le monde le détestait, et personne ne croyait en lui, et son sourire d'enfant était si brillant, si faux que même humain, il me brisait ce qu'il me restait de c½ur.

Et maintenant plus encore.

Je l'ai trahi et j'ai voulu briser le lien qui existait entre nous, mais ni les années ni le sang ne sont parvenus à nous séparer. Il était toujours là, quelque part, à me courir après, lui que j'avais voulu croire faible était tellement fort, que nous aurions pu reconstruire notre monde en marchant côte à côte, main dans la main...

Et j'avais beau sombrer dans la folie, il y avait toujours sa voix, quelque part, qui me disait qu'il n'attendait que moi, qu'importe ce que je ferais, et qui me priait toujours de lui revenir.

Je suis devenu puissant et craint de tous, me suis allié à ses pires ennemis, ne sachant pas toujours, dans ma démence, si je pouvais le tuer comme s'il ne signifiait rien pour moi, ou si je faisais cela pour le protéger, au fond.

Comment faisait-il pour toujours vouloir de moi à ses côtés, lui, le petit garçon battu devenu héros, et moi, le gamin adulé devenu paria ?

J'avais beau tout faire pour qu'il me haïsse, dans son c½ur pur et fort, il n'y avait de place que pour l'amour démesuré qu'il me portait.

On l'appelait monstre, et moi génie, pourtant il a toujours été plus fort que moi.

Il m'a dit qu'il me ramènerait, ou qu'il mourrait en essayant, mais s'il devait mourir, il m'emporterait avec lui. Parce que lui et moi savions qu'aucun autre que lui ne pourrait jamais m'arrêter.

Maintenant, je reprends le chemin d'Asgard pour la première fois depuis vingt années d'homme. Oh oui, il m'a tué, enfin, il m'a arrêté dans ma folie meurtrière, il a tenu sa promesse, fait ce que même les dieux n'ont osé faire, même ceux qui me haïssent, même ceux qui m'aiment.

Et dans mon poing serré se tient encore ma lame couverte de son sang.

Et dans ma nuque brûlent encore les larmes de son désespoir.

Quel dieu parmi les Ases aurait le c½ur assez grand pour tuer par amour ? Aucun, sinon mon père en aurait fini avec moi.

Ils ne voient pas mes yeux, lorsque j'arrive sur les terres des dieux. Mes cheveux sales me cachent à leur regard, mais moi, je les vois, méfiants devant mon calme, ou horrifiés devant le sang qui me couvre. Sif est la première à m'attaquer de sa verve :

-Qu'as-tu encore détruit, Loki ? Quel massacre as-tu encore perpétré ?

Je ris sombrement.

Je ne me souviens pas de tous mes massacres, mais je sais ce que j'ai détruit.

Le c½ur d'un ange.

Sans un mot, je passe devant eux, refusant le moindre contact avec ces prétendus dieux qui ne valent rien. Rien, comparé à lui.

Je reste enfermé dans mes appartements, dans le palais du père des dieux, sans voir le temps passer. Je ne m'en soucie pas. Je suis en deuil. En deuil de ce qui fut ma vie pendant vingt ans, en deuil de mon frère qui s'était sacrifié pour moi, mais que j'avais trahi à cause de la haine qui me rongeait, et dont je ne pouvais sortir, en deuil de tous ceux qui avaient péri pour ma vengeance sans véritable but, en deuil de lui, et de tout le mal que j'avais pu lui faire.

Plus mal encore que tous ces hommes qui l'ont frappé sans raison lorsqu'il était petit.

J'aurais voulu l'oublier, mais j'en étais incapable. Pendant des années, j'ai tenté, jusqu'à me rendre compte que je ne pouvais pas l'effacer, car ce serait lui permettre, à lui, de m'oublier, hors je ne le voulais pour rien au monde.

J'ai tenté de le haïr, car la haine vaut mieux que l'indifférence, et j'ai tout fait pour qu'il me haïsse, comme mon frère l'avait fait avec moi-même. Pour qu'il me tue.

Mais à présent qu'il m'a tué, je me rends compte que jamais il n'y a eu de place pour la haine. J'avais tout essayé, mais il m'a tué par amour, et c'est parce que je l'aimais que je voulais que ce soit lui qui m'achève.

Lui, et aucun autre.

A présent, de retour dans ce qui fut autrefois chez moi, je me sens vide.

J'ai tenté de haïr Odin et Thor à nouveau... mais cela fait si longtemps que je hais avec la plus flamboyante passion que ce que j'éprouve pour eux frôle l'indifférence, désormais. Il n'y plus cet amour pour pousser ma folie plus loin, et il n'y aurait personne capable d'endiguer ma démence. Cela n'aurait aucun sens.

Plus rien n'a de sens, sans lui.

-Ûruz naudiz sôwilô...

Je me demande ce qu'il fait.

Je sais qu'il n'est pas mort. Les guerriers morts au combat finissent au Walhalla, s'il s'y était retrouvé sans me voir à l'horizon, je l'aurais entendu hurler et foutre le bordel d'ici. Ce serait bien son genre de défier n'importe quel dieu avec le poing levé, le sourire aux lèvres et la rage au c½ur, ne serait-ce que pour continuer de poursuivre mon ombre.

Je jure que même mort, il refusera de me laisser le quitter.

La pluie, sans soleil qui la poursuit, ressemble à un blasphème.

-Loki ! Pourquoi restes-tu ainsi ? Pourquoi ne nous parles-tu plus ? Ne vois-tu pas le mal que tu fais à père et à mère ? Réagis ! Que s'est-il passé pendant ton exil pour que tu nous reviennes ainsi !

Je me demande depuis combien de temps je reste prostré sur moi-même ? Assez longtemps pour que Thor lui-même vienne me provoquer...

Il semblerait que mes blagues et diverses trahisons commencent même à lui manquer.

Je crois que d'autres sont venus me faire un petit numéro, je n'ai pas remarqué qui.

-Je ne sais pas ce que tu complotes, Loki, mais je le découvrirais, et je t'arrêterais avant que tu ne fasses plus de mal que tu n'en as déjà fait...

Oh, tu peux cracher ton venin, Sif, je ne prévois rien.

Je me fiche complètement de ce que vous pourriez faire ou dire. Ou ressentir. Cela fait si longtemps que vous jouez aux dieux que vous avez oublié ce pourquoi vous existiez.

Le Père ne fait plus que punir une fois qu'il est trop tard, mais il ne protège plus rien. Les déesses ont cessé de venir faire des dons aux nouveau-nés, cessé d'accorder leur douceur aux enfants qui vivent et qui meurent, les guerriers ont oublié comment offrir de leur force aux valeureux mortels qui se battent pour les causes justes que les dieux devraient défendre.

Vous avez cessé de vous intéresser aux grandes causes, tout ce qui vous intéresse désormais, c'est votre petit confort.

Vous vous offusquez lorsqu'un autre ose vous attaquer, et vous déclenchez des guerres pour vous distraire.

Je me suis toujours battu pour quelque chose, par vengeance, par colère, pour quelque chose qui devait selon moi être fait. J'ai manipulé, menti, floué, mais j'ai au moins le mérite de ne jamais avoir tué personne par ennui.

-Je t'en prie, mon frère, dis-moi ce qui ne va pas...

Je ne suis pas ton frère.

Odin aura beau mélanger son sang au mien, jamais je ne serais des vôtres.

J'ai eu un frère, et je l'ai tué il y a longtemps. Je l'ai aimé plus que jamais je ne t'ai aimé, et haï plus que jamais je ne pourrais te haïr, et pleuré, plus que jamais je ne te pleurerais.

Tout dieu que tu es, tu n'es rien, comparé à Uchiha Itachi.

-Ûruz naudiz sôwilô...

Et il y a lui, encore.

Il a été le petit garçon qui voulait me rejoindre sur mon ponton et devenir mon ami, mais qui n'a jamais osé. Il était le cancre à l'académie que je ne pouvais m'empêcher de regarder, et qui m'agaçait autant qu'il pouvait m'amuser. Il était le rival bruyant, le coéquipier forcé. Il était l'ami, le seul, le meilleur.

Il était le frère que j'ai trahi.

Le lien que j'ai tenté d'effacer.

L'amour que j'ai échoué à oublier.

L'amour que je pleure, le c½ur que j'ai brisé.

Le seul être que j'aie aimé, et qui, à coups de poings et de sourires, et d'un seul baiser, s'est imprimé au fer rouge dans un c½ur obscur qui n'aurait jamais pu aimer quiconque d'autre que lui.

Dire qu'on avait douze ans, et que ce n'était qu'un accident... j'aurais dû l'embrasser encore avant de mourir.

-Loki, pourquoi est-ce que la pluie a besoin du soleil ?

Je ne sais plus depuis quand je reste assis, sur le bord du pont arc-en-ciel.

Je sens, derrière moi, les allées et venues des dieux qui m'observent étrangement. Je crois que Thor est retourné sur Midgard, et peut-être en est-il revenu, je n'en ai cure.

Je redécouvre les pouvoirs du Sharingan.

Lorsque j'étais humain, je pouvais voir des choses, mais jamais je n'avais regardé le ciel avec ces yeux. A présent, je peux voir jusqu'à Midgard, et peut-être même que mes yeux sont devenus meilleurs que ceux d'Heimdall.

A ma hanche siège ma fière Kusanagi, elle ne me quitte plus. Il y a toujours son sang tâchant le fourreau blanc.

Quelques gouttes de sang, c'est la seule preuve que nous avons existé, là, quelque part.

Nous.

Moi et lui.

Je l'observe, chaque jour, et j'entends les murmures des autres, même si je ne les écoute pas.

-Regardez ses yeux ! Il a les yeux d'un monstre !

Vous êtes des dieux et vous ne connaissez même pas l'existence du Sharingan ? C'est à se demander ce que vous savez...

-Loki, pourquoi pleures-tu, mon frère ?

Je pleure la déchéance d'un humain.

Un enfant que l'on a traité de monstre, et qui a trouvé la force de devenir un héros.

Je pleure un corps que je n'ai su que frapper alors qu'il appelait mes caresses, et le froid que je lui ai laissé quand il demandait la chaleur de mon étreinte. Je pleure le sang que je lui ai fait verser alors que j'aurais voulu panser les cicatrices que les autres lui ont infligé.

Je pleure sa voix, qui appelait mon nom avec ardeur, et qui maintenant le crie dans la nuit, avec douleur.

Je pleure son sourire qui finalement s'est fané, lui qui résistait à tout, et le bleu de ses yeux qui a terni parce que j'ai étouffé sa flamme.

-Je pleure un soleil qui s'éteint, sans la pluie.

Je pleure la solitude dans laquelle je l'ai laissé, et dans laquelle il se noie sans fin.

-Sasuke...

Je ne sais plus depuis quand je suis assis, sur le bord du pont, mais lorsque je me retourne, il est là, les yeux aussi rouges que dans mes cauchemars d'enfant.

Aussi rouges que lorsque je l'ai tué.

Comme avant qu'il ne me demande de le haïr, il m'assène une pichenette au front, et me demande pourquoi je pleure en me traitant de lopette.

Mais je ne suis plus un enfant...

-Taiyôwa amega hitsuyôdesu, Itachi-nii-san...

Je ne sais pas combien de temps nous restons assis côte à côte sur le pont, paisiblement, nos Sharingan enclenchés.

Observant ce qu'il se passe sur notre Midgard.

-Dis-moi ce qu'ils regardent, Heimdall...

-Un homme. Un héros qui a tout sacrifié pour sauver son monde, et qui projette de donner la seule vie qu'il lui reste pour un pacte avec des démons.

Un pacte ?

Vous n'y connaissez rien. Il n'y a pas de pacte. Juste une promesse.

Une promesse faite par amour, par un garçon capable de pardonner même les pires crimes.

Je le vois dépérir parce que je ne suis plus là pour le faire avancer, et refuser son rêve parce que je ne suis pas là pour le voir l'accomplir. Je la vois, elle, pleurer et frapper et tempêter, et il tente de la réconforter, mais cela n'a pas effet.

Je le vois protéger comme il l'a toujours fait, et éradiquer la dernière menace qui osait s'en prendre à ce qu'il aime, et je le vois partir et la laisser seule.

Je le vois errer quelques temps, je la vois, elle, accepter le rêve qui fut celui de notre coéquipier, je la vois aimer et être heureuse, et porter un enfant, je la vois raconter des histoires à son ventre rond, derrière son grand bureau encombré de papiers, en caressant une photo de trois enfants et un homme, prise il y a bien des années.

Je la vois, et je suis fier d'elle, et je sais qu'elle ne permettra jamais à personne de nous oublier.

Je le vois, lui, se préparer.

Caché dans la Vallée de notre Fin, ou bientôt elle fera ériger nos statues, il se prépare à tenir sa promesse, et à donner tout ce qu'il lui reste.

Sa vie.

Le sang coule, et les larmes, les miennes.

Et l'espoir brille, mais pas pour nous.

Pas pour nous...

-C'est pour un simple mortel que tu te laisses aller, mon fils ?

-J'ai connu un petit garçon qui avait plus de courage qu'aucun dieu, et un c½ur si pur qu'il voulait sauver les pires démons... ne lui faites pas l'affront de le traiter de simple mortel, Odin. Même s'il est en train de mourir, il a toujours valu plus que cent de vos guerriers.

Je suis revenu dans ma chambre pour pleurer en paix. Je ne voulais pas le voir disparaître. Je ne pouvais pas supporter la vue de son dernier souffle, ni les larmes de Sakura lorsqu'elle retrouverait son corps sans vie.

Oh, comme je voudrais m'éteindre avec lui.

Le retrouver, et ne jamais le quitter.

Pour toute la haine que j'éprouvais envers le monde, tout mon amour n'est réservé que pour lui. S'il s'éteint, je veux me noyer...

Ûruz naudiz sôwilô...

-Asgard est attaqué !

-Aux armes !

C'est fou ce que je n'en ai rien à faire...

En fin de compte, si. Je vais aller en première ligne. Peut-être que l'ennemi quel qu'il soit réussira à m'annihiler...

Après tout, sans soleil, la pluie doit mourir.

-Qui sont-ils ? Itachi, que faites-vous ! Loki, où est-ce que tu vas !

J'aperçois des gens, autour de moi. Visages familiers qui ont bercé mon enfance humaine de leur présence ou de leurs contes.

-Itachi-nii-san ?

-Ne t'inquiète pas, Sasuke. Tu iras mieux, bientôt, souffle mon grand-frère, à mon côté.

Je sais que Thor me regarde comme si je l'avais trahi.

Au loin, sur le pont arc-en-ciel, se dessinent de grandes ombres. Je vois Sif qui tente de passer en première ligne, sabre au clair, furieuse que ces soldats n'écoutent ni ses ordres, ni ceux du père.

Mais ces gens ne sont pas les guerriers d'Odin. Non, nous ne le sommes pas.

-Yondaime Hokage-sama ?

La femme aux cheveux rouges qui lui tient fièrement la main me sourit, ingénue. Juste à quelques pas d'elle se tient la femme que j'ai longtemps appelé « maman », confiante, et à ma droite me rejoignent des ennemis vaincus du passé, Momochi Zabuza et son cher Haku, qui irradie pratiquement de joie.

La main posée sur Kusanagi, j'attends.

-Les Bijuu n'ont pas leur place en ces terres, Kyuubi, entonne la voix du Hokage qui jadis avait vaincu le démon.

Sur le pont, huit démons forment une haie d'honneur pour le neuvième, qui s'avance lentement dans notre direction, marchant sur trois pattes.

-Je ne peux pas dire que ce soit un plaisir de te revoir, Namikaze Minato. Quoique, si tu ne m'avais pas scellé dans le corps de ton fils, moi et mes frères ne serions pas libres...

Tendant la patte qu'il n'utilisait pas, le démon renard dépose un paquet de tissu blanc sur le sol arc-en-ciel, puis plonge son regard rouge dans le mien.

-Il nous a sacrifié sa vie pour nous sauver, comme il a sacrifié son c½ur pour te sauver, Loki Lauffeyson. Un dieu n'a pas sa place au sein des mortels, et un monde mortel qui a perdu son seul intérêt rendrait fou un homme qui sera obligé de vivre éternellement.

Puis, perdant son attitude formelle, le canidé orange me saisit par le col et me soulève à hauteur de ses yeux.

-Je vais être clair, gamin : si jamais tu OSES te détourner de mon petit humain, je reviendrais te dévorer, et tu pourras passer le rester de ton éternité dans mon estomac avant que je ne daigne te transformer en étron divin. Ne me fais pas regretter de te le rendre !

Pour la première fois depuis ce qui me paraît être des lustres, un sourire narquois étire mes lèvres.

-Ravi de te revoir également, Kurama-sama.

-Tch. Sale morpion.

Il me laisse tomber au sol, sur lequel j'atterris souplement, tel le ninja que j'ai été durant toute une vie mortelle, puis se détourne, balançant ses neuf queues avec une élégance agaçante.

Un à un, les huit autres démons le suivent, et j'entends Shukaku grogner :

-Si c'est à ça que ressemblent les dieux de nos jours, je suis bien content de retourner emmerder Gaara sur Midgard...

-Bee a beau être un rappeur effroyable, lui, au moins, il sait tenir une épée, acquiesce Gyuuki avant de disparaître à son tour par le Bifröst.

Me retournant d'un coup de talon, je recueille le paquet enveloppé de blanc immaculé.

Paisiblement, dans mes bras soigneusement serrés, il papillonne des yeux.

Ses beaux yeux tellement bleus dans lesquels l'étincelle renaît de ses cendres.

Mon soleil...

Doucement, un doigt longe ma mâchoire, puis la main se glisse dans mes cheveux noirs avec révérence, comme pour se convaincre d'y croire, comme pour se persuader que je suis là, que je le tiens fermement.

-Sas'ke ?

Un sourire effleure mes lèvres, doux, cette fois.

Depuis combien d'années n'avais-je pas eu un tel sourire ?

Une larme coule d'une prunelle de cristal, recueillie par mes lèvres qui se réchauffent à son contact.

-Tout va bien, Naruto. Je ne te laisserais plus seul. Plus jamais.

Il étouffe un sanglot contre ma bouche.

Je ne me sens plus vide.

Moi, Uchiha Sasuke, héritier d'un clan massacré, je ne me sens plus seul.

Moi, Loki Lauffeyson, fils des géants de glace de Jötunheim, je n'ai plus froid.

-Je t'aime...

Ûruz naudiz sôwilô.

Le Soleil est revenu briller dans les bras de la Pluie.












Eve J Hoang...











Eve: Alors oui, je sais, j'ai quinze-mille trucs en cours, vous avez le droit de me mettre au pilori, je m'excuse platement, mais c'est comme ça. Les Muses me font écrire ce qu'elles veulent, si on est pas contents, c'est pareil !

Nana: On en écrit un autre ? =D

Eve: Ouaiiiis, lequel ? On continue "The Lord and the Beast" ou on entame encore autre chose ? =D

Sas': On va jamais en finir... T-T

Naru: Tu crois qu'aimer les crossovers, c'est contagieux ? Parce que je t'aime bien, en Loki... *.*

Sas': ... EEEEVE !! T'AS D'AUTRES IDEES POUR NOUUUS ? °0°








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#Posté le mardi 15 mai 2012 12:26

Modifié le mardi 15 mai 2012 12:51

Yôkoso...

Yôkoso...





=> Pioup... <=












Un autre héros, un autre crime inconscient...

Derrière les rideaux, dans les coulisses, qui sait ce pourquoi nous vivons ?

Quoi qu'il arrive, nous laissons tout à la chance. Un autre chagrin d'amour, une autre romance avortée... qui sait ce pourquoi nous vivons ?

De l'autre côté, la lumière brille sur la scène, illuminant un heureux destin fictif... et nous ?

Dans l'ombre du rideau, nos coeurs sont brisés.

Notre maquillage pourrait couler.

Mais notre sourire reste en place...



Vous êtes ce pourquoi nous vivons.





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#Posté le dimanche 28 mars 2010 16:01

Modifié le lundi 30 janvier 2012 00:13

La demoiselle en robe noire...

La demoiselle en robe noire...




"Parlons des chevaliers en armure, donc...

Le mien avait une armure gris foncé, lourde et triste. Quand je l'ai recontré, j'avais treize ans à peine, et lui pas beucoup plus.

Comme moi, il voyait un peu tout en noir, et pensait que peu de choses en ce bas-monde valaient le coup qu'on continue de souffrir comme des cons.

Un peu comme moi, il était en plein dans cette dépression délirante et profonde qu'ont un peu tous les adolescents. Un peu comme moi, il avait perdu des tas de choses qui le faisaient sourire pour de vrai, et il regrettait son enfance dorée.

Entre dépressifs, on s'est bien trouvé.

Et puis, comme les gamins à la con qu'on était, on a fini par tomber complètement et irrémédiablement amoureux l'un de l'autre...

Complètement parce que c'était ce genre d'amour "pur" dont rêvent toutes les filles adeptes des histoires aux parfums de rose et de fleur bleue.

Irrémédiablement parce qu'au fond, malgré toutes les crasses que ce monde nous fait, malgré toutes mes conneries, et peut-être les siennes, malgré tout ce que nous devenons, on s'aime encore. De cette même façon débile que nous nous aimions lorsque j'avais treize ans, et lui pas beaucoup plus.

Mon chevalier avait une armure gris foncé, et ma robe de damoiselle en détresse était dans les mêmes tons tristes. Personne ne saura jamais si ce gris aurait pu devenir plus clair, personne ne saura si nous serions retombés sur Terre, si nous aurions retrouvé la raison et cessé de nous aimer autant, si nous nous serions lassés, finalement.

C'était le réveillon de Noël, et on devait rentrer fêter la chose avec nos familles respectives. Ce matin-là, il venait de m'offrir mon plus beau cadeau, en me disant qu'il était amoureux de moi. Un truc débile de gamins amoureux à la con, quoi.

Un abruti à la con avait décidé que fêter la chose en avance serait un bonne idée. Il devait être trop bourré pour songer que rouler sur les routes enneigées avec plus d'alcool que d'hémoglobine dans les veines serait, en revanche, une mauvaise idée.

Mon chevalier m'a quittée il y a près de cinq ans, suite à une rencontre quelque peu brusque avec le pare-choc d'une bagnole à la con.

C'est débile de perdre l'amour de sa vie à treize ans, simplement parce qu'il a traversé la route au mauvais moment, non ?

Moi, j'ai plus de chevalier. Ma robe de demoiselle est devenue noire, je crois, et je ne pense pas que l'on puisse encore nommer "damoiselle" une traînée dans mon genre...

Je sombre pas vraiment dans la bouteille, je ne suis pas accro à la clope, même si je fume beaucoup, je ne consomme pas énormément de drogues, je bois du café même si c'est mauvais pour mon coeur, je me perds dans mon monde, mes dessins, mes toiles, mes lignes, je n'ai plus vraiment conscience de rien.

Je suis qu'une pauvre fille paumée parmis tant d'autres, je n'arrive même plus à avoir honte de moi...

Je souffre de solitude aigue, pathologie commune au reste du monde, et accessoirement fléau de l'humanité.

Je n'arrive plus à aimer, je n'ai pas envie de guérir de lui, je prends peur à chaque fois qu'un pauvre mec me dis qu'il m'aime, et je lui fais mal pour qu'il me déteste à la place. Heureusementque ceux-ci ne se font pas légion, je n'aime pas particulièrement faire du mal aux gens...

Mes devises ?


"Libertine à m'en consumer le corps, solitaire à m'en consumer l'âme."


"L'Homme est un être fini
Et je suis une femme foutue.
Amen..."



Je passe mon temps à écrire, à remixer toujours la même histoire: celle de la damoiselle en robe noire qui trouve son chevalier à l'armure gris foncé... et je continuerais certainement comme ça aussi longtemps que possible.




Jusqu'à ce que je n'en puisse plus.



Jusqu'à ce que j'en crève."







Eve J Hoang...















Sasu: J'en envie de dire, c'est pas la joie quoi... *~*

Eve: J'ai envie de dire "ta gueule", quoi... ><

Sasu: *Mortecouille, elle devient carrément acariâtre, ces derniers temps... tendances misanthropiques au pouvoir ?*

Nana: Il va faire tout noiiiiir...

Eve/Sasu: TA GUEULE !!

Nana: Désespoir... --'

Eve: Taper... ><*

Sasu: Galère... ~,~







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#Posté le dimanche 28 mars 2010 16:16

Modifié le lundi 30 janvier 2012 00:19

"Dillon, Drum et Coffee mon Amour..." - OS




J'ai attaqué cette chère Dillon, mon amoureuse des temps de galère, à sept heures et demie du matin. Troisième verre entamé. Pas petit, le verre.

J'ai flingué mon copain Drum, fidèle compagnon de mes longues nuits d'insomnie dépressive, il a fallu que j'enfile une veste par-dessus ma nudité outrageante afin d'écumer le tabac de l'autre côté de la rue à huit heures huit minutes précisément.

La clope du condamné, ça s'oublie pas.

Comme j'avais du fric dans les poches et que je savais pas quoi faire d'autre pour le balancer par les fenêtres, j'ai acheté le petit déjeuner pour mes trois squatteurs préférés, deux larves dépressives dans mon plumard, et moi et un troisième par terre, dans le salon.

Du moment que j'ai mon tabac et ma bouteille, rien à foutre de dormir par terre. Ou de ne pas dormir, précisément.

Mon tapis est confortable, de toute façon.

Quatrième verre, Dillon ne fera plus long feu. Je ne compte pas les clopes, j'ai pas assez de doigts. Ni d'orteils, d'ailleurs.

J'ai un rapport à la clope et à l'alcool assez désastreux, voyez-vous.

Des clips de merde passent à la télé, mais j'ai la flemme de zapper. Et puis j'aime ce genre de conneries.

Ou alors c'est ma hantise du silence et du téléshopping qui parle.

Un gros tas de mégots en billets de train et de cendres gris foncé trônent dans mon cendrier en aluminium piqué sur la terrasse d'un bar. Un gros vide siège dans mon verre. C'est triste. Déprimant, même.

Il y a constamment du monde, chez moi. Faudra que je rachète des condoms, on a flingué mon stock.

Rapport au tabac, à la bouteille et à la baise très désastreux, il faut le dire.

Mais, voyons les choses en face : Drum aura ma peau, et Dillon mon foie. Et j'en ai rien à foutre. Je les aime, c'est comme ça. Je leur suis plus fidèle qu'à toutes les pauvres hères, crétines décérébrées et abruti des abysses de la société qui m'écartent volontiers leurs cuisses au moindre regard langoureux.

Je suis grand consommateur des plaisirs ostentatoires, surtout ceux qui me tueront sans doute plus tard.

Squatteur de salon me fait le café. C'est un ange, ce garçon. J'aime aussi le café. Café is bad.

Drum aura ma peau, Dillon mon foie, et Coffee mon c½ur trop fragile.

C½ur est meurtri, depuis bien des années. Enfance dorée suivie de temps de galère et de grande solitude en sont la cause. Je ne m'en plains pas. Faut bien crever un jour... même si crever d'amour, ça fait con, de nos jours.

Epoque de crise, génération de désillusion.

Le chat se lèche le dos sur le bordel à linge, il finira par se casser la gueule. Faisant fi de ma réflexion, il se gratte. Fort bien. Grattons-nous ensemble. Ça fait marrer squatteur de salon. Tant mieux. Je suis pas le seul à me fendre la poire pour de la merde, c'est toujours ça de pris.

Il me demande comment on épelle « emmerdeur ». L'autre chat me regarde. S'est-il reconnu dans l'appellation ?

Nouvelle vague d'hilarité dans le salon. Le plumard roupille toujours, bienheureux.

Dillon est morte, la pauvre. Elle aura droit à un digne enterrement. Mais Drum est toujours d'attaque, car tout frais acheté au tabac d'en face, et Coffee me rejoindra bientôt pour nos passionnels ébats à trois.

J'aime Coffee lorsqu'il est aussi sombre que ses regards lorsqu'il est en colère.

Mourir d'amour n'est plus un euphémisme, chez moi. Ce n'est pas romantique non plus. Je ne suis pas quelqu'un de romantique.

On dit de moi que mes sourires cachent une profonde tristesse. Foutaises. Ils cachent surtout une profonde connerie. On a pas idée de se laisser crever pour les beaux yeux d'un autre.

Ils ne se doutent de rien, mes trois squatteurs. Ils ne voient pas. Je n'en ai pas la moindre envie. J'ai horreur de la pitié. Je vomis la compassion. En plus ils sont amoureux, ces cons. Ils sont plus vieux que moi, pourtant. N'ont-ils pas encore pris le temps de comprendre que ce genre de bonheur mensonger est vain ?

L'amour existe... je crois. Mais il donne moins de sourires qu'il ne fait verser de larmes. C'est pourquoi j'ai décidé, depuis un moment déjà, de ne rester fidèle qu'à feu Dillon, à Drum, et à Coffee. J'ai une relation suivie privilégiée et parfaite depuis dix-huit ans.

Avec moi-même.

Une agréable brume enveloppe mon esprit tordu et complètement malade. J'arrive à penser sans que d'inopportunes larmes ne me viennent. Je n'aime pas pleurer, c'est une preuve de faiblesse. Je passe mon existence inutile à boire, à fumer, à baiser, sans attendre de lendemain, sans espérer que le jour se lève... pourtant, un vieux reste de dignité malvenue me pourrit encore la vie, allez savoir comment.

Je ne sais pas ce que je donnerais pour une larme de whisky et un peu de chantilly dans mon café, là. Une grosse larme. Mais Whisky est décédé, et Frigo est aussi désespérément vide que Dillon.

Une musique de merde me fait penser à Lui. Sacrilège. Oser me flinguer ainsi le moral de si bon matin. Dire qu'il y a un brin de soleil, juste de quoi donner mal aux crânes des poivrots, et que la pénombre règne sur ma pensée embrumée. Enfer et Damnation.

Dire que je suis un homme foutu serait un doux euphémisme. Je suis surpris de voir encore chaque matin étendre son empire sur mon univers de débauche alors qu'à chaque crépuscule je pense ne jamais retrouver l'aurore. Je n'ai pas d'avenir, et je n'en ai rien à foutre. Mes jours sont sans lendemain, et mes nuits idem.

On me prend pour un joyeux drille vivant au jour le jour, fêtard invétéré promis à un avenir incertain, ou alors certainement rempli de clopes, d'alcool et d'amants d'un soir. Je dépéris de fatigue rien qu'à l'idée de penser à demain.

Coffee est bien amer, ce matin. C'est ainsi que je le préfère.

Une légère nausée me prend, presque agréable. Mélange de Dillon et Drum toute la sainte nuit et matinée ne fait pas toujours bon ménage. Coffee me sauvera de la cuvette, encore une fois.

Mais rien ne me sauvera de ma déprime.

Je fais comme si tout allait bien, pourtant j'ai si mal... je souris, et mes yeux pétillent toujours, mes rires emplissent constamment mes rues, mes bars, mon salon... et quand ils s'aperçoivent que tout ne va pas vraiment pour le mieux dans le meilleur des mondes, je m'acharne à leur faire comprendre que je ne veux pas qu'on m'aide.

J'ai mal...

J'aurais aimé qu'il m'aime, qu'il me tende la main... il n'en a jamais eu le temps. J'aurais été au bout du monde pour ses beaux yeux tristes... finalement, je reste où je suis, avec mon cher Drum et mon bien aimé Coffee. Je me perds.

Je sombre peu à peu...

Parfois, le néant transparait dans mon regard, et ce vide fulgurant et abyssal leur fait peur. Oui, parfois mon regard leur fait craindre le pire. Qu'ai-je à perdre, après tout ? Pas grand-chose...

J'aurais aimé être un homme normal... peut-être. Ou pas. J'ai joué le peu qu'il me restait sur le mauvais cheval. La plus belle prestance pour la vie la plus éphémère. J'ai brisé toute possibilité d'avenir pour une romance fantasque.

Désormais je ne ressens plus rien, si ce n'est la brûlure rédemptrice de l'alcool sur ma langue, ou celle de la fumée dans mes poumons. J'ai aimé, c'est bien tout ce dont je puis me vanter sur ma courte existence. Pas grand-chose, en somme. Mais tout le monde ne peut pas clamer ce genre d'absurdités.

J'ai mené ma pensée sur des sentiers si peu explorés par l'homme, conduit mon âme dans les abysses effrayantes du tourment que personne ne mérite de connaître. J'ai appris à retenir mes larmes, pour dissimuler ma souffrance, et pour me retenir moi-même prisonnier de ma douleur grandissante. Parce que pleurer ça soulage, et je ne veux pas être soulagé.

Je voudrais partir loin... mais je me suis déjà tant éloigné du rivage, sans voir l'autre côté pour autant.

Je n'en vois plus la fin. Je me sens fatigué. Ereinté. Tellement envie d'en finir... et tellement accro à ma souffrance salvatrice. Comme si elle pouvait m'absoudre de chacun de mes péchés et m'ouvrir les grilles derrière lesquelles il se trouve déjà...

L'homme que j'aimais avait le visage d'un ange, et le regard d'un démon. La tristesse dévorait son âme. Je ne suis pas de ceux qui pensent que les démons soient foncièrement mauvais. Les anges ne doivent pas être tout à fait angéliques non plus. Sinon, comment feraient-ils pour comprendre les humains ?

L'homme que j'aimais semblait constamment tourmenté par ses démons intérieurs, il fuyait la lumière comme je fuis toute espérance. L'homme que j'aimais rêvait beaucoup. Ses prunelles se perdaient au loin, dans un devenir hypothétique et éclairé de mille feux.

Depuis qu'il n'est plus là, je ne rêve plus que du passé, je ne vois rien d'autre. Mon regard reste rivé au sol, le ciel ne m'intéresse plus. La brume m'enveloppe, mon existence se déroule pesamment, harassée, le monde matériel se cache derrière un écran de fumée.

Lorsque je m'écroulerais à mon tour, personne ne me rattrapera. Personne ne s'en souciera. Personne ne l'a retenu, lui.

L'homme que j'aimais a transcendé mon c½ur au travers de ses toiles éclatantes de couleurs, et si sombres à la fois. Ses visages se découpant dans un clair-obscur criant de désespoir me fascinaient. Je suis tombé sous le charme de ses toiles avant même de faire sa rencontre, ce qui l'amusait beaucoup, semblait-il. Il m'avait repéré au vernissage d'une nouvelle galerie, planté devant ce tableau mirifique, béat et abruti devant tant de magnificence. Il m'a demandé si cela me plaisait, ce à quoi je répondis que jamais image ne m'avait tant touché, que dis-je... percuté de plein fouet.

Je soufflais, ahuri, que l'artiste devait sans doute descendre tout droit des cieux pour peindre telle splendeur. Il sourit, s'approcha de moi, murmura un doux « merci » à mon oreille.

J'ai rougi.

Il ne me fallut pas longtemps pour tomber dans ses bras, pas beaucoup plus que pour aimer son art. Il m'emmena dans son atelier. Il me séduisait en chantant des chansons vieillottes sur l'infidélité et le désespoir de cause, sans s'apercevoir que je m'étais déjà empêtré dans sa toile depuis le premier regard.

Il soufflait à mon oreille que les mots d'amour n'étaient que de vulgaires mensonges, que seules les larmes savaient décimer la flamme du parjure. Il murmurait que le monde n'avait guère d'importance, que seul comptait le rêve, car l'imagination efface la cruauté et la bêtise.

L'homme que j'aimais était torturé constamment, et parfois la démence brillait dans son regard.

Sa part d'ombre gagnait du terrain de jour en jour, de nuit en nuit, et moi seul le voyait. Le reste du monde n'en avait cure, qui se soucierait d'un illustre inconnu, pauvre artiste sans plus de famille, sans véritable maison... si ce n'est moi.


Si je meurs, tu voudras bien mourir avec moi ?...



Quelle connerie... je n'ai rien répondu, il a disparu. Sans m'attendre. Est-ce ma faute ?

Depuis deux ans, cette question tourne en boucle dans ma tête, épuisante litanie. Souvent, je voudrais hurler, mais... je ne peux pas. Alors je noie mon cri avec l'aide de ma copine Dillon, je m'abîme la gorge avec Drum. J'écorche mon c½ur fatigué de se battre avec Coffee.

C'est lui qui ma présenté cet ami à la merveilleuse robe noire. Lui qui fumait du Drum, lui encore qui affectionnait tant Dillon dans ses instant de déprime créative. Je lui ai sournoisement piqué tous ses vices dès lors qu'il eut le dos tourné...

J'avais peur de lui. A présent, ce sont les autres qui me craignent. C'est ce regard vide, dénué de toute étincelle, qu'il avait parfois qui me filait les chocottes. Il se consumait sous mes yeux.

A-t-il eu le temps de m'aimer, ou bien était-ce qu'il ne voulait pas faire ce voyage seul ?

Moi, je ne sais pas peindre. Je ne sais pas dessiner de si beaux visages, je ne sais pas manipuler ces couleurs, je ne manie que les mots, en des phrases qui suintent le cynisme et saignent le mépris de ce bas-monde. La poésie souffreteuse d'un destin sans étoile...

Non, je ne saurais dessiner des visages en larmes, mais cela n'a pas d'importance, ces visages se voient entre mes lignes, ces visages pleurent en lisant mon ½uvre, mon existence passive s'étalant sous le regard d'illustres inconnus. Mes mots ont la voix que ma musique ne saurait créer, les corps que je ne saurais sculpter, les battements que mon c½ur peine à pousser.

Avec l'homme que j'aime, j'ai découvert une âme à chaque objet, Abstraction porte un nom qui a plusieurs visages, Terre verse les larmes que je ne saurais pleurer, Pluie rassemble les pensées mélancoliques d'artistes en mal de chaleur...

Drum laisse des cendres noires sur les feuilles noircies de ma plume glacée de solitude, squatteur de salon est sorti, squatteurs de plumard comatent devant la télé, je contiens tant bien que mal les hurlements de mon âme meurtrie, Coffee crie à l'agonie, mon corps est transi du froid de ce mois de Février et de la brûlure absente de son regard.

J'aimerais tout détruire autour de moi, mais je ne puis guère que me détruire moi-même, attendant mon heure, craignant qu'elle ne tarde trop. Ses toiles me rapportent une fortune, je vis hors du temps, hors du monde, je ne fais rien, si ce n'est boire, fumer, écrire, écrire, écrire...

Mes lignes se transforment en pages, mes pages en histoires, je crie sur du papier, combien sont-ils à entendre la voix mourante d'un poète hérétique en mal d'amour, combien sont-ils à sentir à quel point le bonheur n'est qu'un mensonge, combien les « je t'aime » sont un parjure, combien le c½ur est une prison...

Je veux m'éteindre, je ne veux pas voir l'aube demain, je ne dormirais pas, je resterais ainsi, éveillé dans mon blizzard, je veux m'éteindre et atteindre enfin les grilles derrière lesquelles il m'attend peut-être, je suis fatigué de nager, fatigué de respirer, fatigué de tant de mots, tant de lignes, tant de pages, je veux m'éteindre avec mon art, je veux que le poète des larmes traitresses disparaisse de la mémoire de chacun, qu'ils croient encore, qu'ils espèrent encore, que l'amour soit autre chose que souffrance, que mon mal-être s'évapore, tel les dernières gouttes de Dillon, tel la fumée de Drum, emportée...

Il était si beau, et si triste. Et je pense qu'il m'aimait, qu'il ne voulait que rester près de moi. Il prétendait que j'étais sa Muse, il disait que ma souffrance était la plus belle du monde, il murmurait que mes larmes étaient sa plus belle toile, il m'aimait, sauvait ma misérable existence, me forçait à garder la tête hors de l'eau, et ses yeux me faisaient mal, si mal...

Parce que jamais je ne serais parvenu à le sauver, je le savais, je ne l'oublierais jamais... menteur !


Si je meurs, tu voudras bien mourir avec moi ?...



Menteur ! Tu m'as forcé à survivre, encore et encore ! Si je t'avais suivi, cela aurait signifié que je ne t'aimais pas, si je t'avais suivi, tu m'en aurais voulu jusqu'à la fin des temps... tu ne m'aimes que vivant, cruel que tu es, tu m'as sauvé de mes abysses pour me plonger dans un gouffre plus profond encore, tu me laisses tomber sans fin, ta main fantomatique ne m'arrête plus, elle m'entraîne vers le fond...

Démon !

Tu m'as donné le virus de l'artiste, par ta faute je suis sans cesse tourmenté par ton image que je ne puis effacer, par ta faute je ne puis me résoudre à quitter ce monde avant d'avoir terminé mon ½uvre, avant d'avoir posé le dernier point du dernier chapitre... parfois, je te hais ! Je t'abhorres ! Ô combien je te maudis !

Toi qui m'a traîné dans l'abîme du perfectionnisme, toi qui laisse un pauvre romancier romanesque et définitivement foutu crever de sa faim de toi, de sa soif de ton parfum, de son addiction à ton corps, ta peau nue, tes mains douces, tâchées de peinture, ton torse de Dieu grec, tes cuisses fermes, ta chute de reins sur laquelle j'écrivis mon premier roman...

Ta chute me sera fatale, et tu le savais ! Fou que tu es !

Tu as planté la graine de la démence dans mes ruines, tu as creusé le Désespoir dans mon armure fissurée... tu es si cruel...

Quoi que j'en dise, je sais que je verrais encore le soleil se lever demain, je sais que cette nuit, ma chère Hydromel remplacera Dillon, demain Coffee cèdera le pas à Whisky, demain Drum restera fidèle au poste, il l'accompagnera encore dans ma longue nuit de désespoir insomniaque, et les rires rauques des poivrots accompagneront encore mon histoire longtemps, parce que mon c½ur essoufflé ne cèdera pas, parce que Drum n'aura pas ma peau encore, ni Alcool mon foie, parce que tu me forces à respirer par ton simple souvenir alors que toi-même, tu as osé me laisser seul, m'abandonner sur Terre qui pleure à ma place, m'abandonner dans mon brouillard imbibé, et que ton existence terminée demeure la seul chose dont je ne me fiche pas...

Je ne te pardonnerais jamais !

Je ne te pardonnerais pas d'avoir flingué Dillon et sa copine la Mauny dans la même nuit, je ne te pardonnerais jamais d'avoir enterré Drum à huit heures huit du matin précisément et d'avoir traversé pour aller dévaliser le tabac d'en face, je ne te pardonnerais jamais de n'avoir achevé ton dernier portrait de moi, qui trône encore sur ton foutu chevalet, je ne te pardonnerais jamais d'avoir dédaigné Coffee, ni de m'avoir laissé dormir sur ton tapis moelleux, je ne te pardonnerais jamais d'avoir voulu dépenser ta monnaie en petit déjeuner chez le boulanger d'en face, je ne te pardonnerais pas d'avoir heurté une foutue bagnole et d'avoir osé éclater son pare-brise sans avoir l'obligeance de gagner la bagarre, je ne te pardonnerais jamais de m'avoir donné la vie avant de crever sans mon accord dans des draps blancs tâchés de ton sang du plus bel écarlate...

Je ne pardonnerais jamais d'avoir osé me dire que tu m'aimes dans le dernier souffle qu'il te restait...

Je ne te pardonnerais jamais de m'avoir demandé de continuer sans toi...


Si je meurs, tu voudras bien mourir avec moi ?...



Espèce de beau parleur à la con, comme si j'en avais le droit...

Ça fait deux ans, deux ans que je n'existe que pour ces foutues pages, et je veux que le point final arrive... mais il n'y a pas de fin à cette histoire, il n'y en aura jamais... je resterais là, planté come un débile sur ton tapis à la con, devant mes feuilles noircies de merde et ma plume glacée de solitude, avec ces bandes d'abrutis qui demandent toujours pourquoi il y a un portrait de moi qui traîne sur un chevalet, pourquoi des photos traînent dans ce bordel alors que tu n'es pas là, ces crétins qui demandent immanquablement qui tu es, et qui tremblent d'effroi devant mon regard vide de ton étincelle...

Deux ans que je me noie dans mes copines Dillon et Hydromel, deux années entières à sentir ton parfum à chaque fois que j'allume Drum ou que je chauffe Coffee, et que je cède à une larme de Whisky avec un doigt de Chantilly...

Et je continuerais longtemps encore, je crois, même si j'espère que l'aurore ne viendra plus, je continuerais à faire pleurer le Ciel, et d'illustres inconnus qui m'admirent, je continuerais à briser les c½urs des pauvres connes et des crétins antédiluviens qui partagent mon lit, je continuerais à dévaliser le tabac d'en face sans regarder avant de traverser, je continuerais d'écouter ta voix qui me murmure doucement que tu m'aimes, parce que c'est un mensonge auquel j'ai envie de croire, et cela n'aura pas de fin, cela n'aura jamais de fin...




Parce que j'aime ce mensonge mélancolique, mon Amour...






« Si je meurs, tu voudras bien mourir avec moi ?
Dillon, Drum et Coffee deviennent fades, sans toi... »







Eve J Hoang...











Sasu: J'ai envie de dire... putain ! C'est VRAIMENT pas la joie en ce moment, quoi... Oo

Eve: Te plains pas, au moins c'est gay...

Naru: XD

Nana: Arf... désespoir... --'





Tags : One-Shot
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#Posté le dimanche 28 mars 2010 16:43

Modifié le vendredi 11 juin 2010 13:37

"Harmonie du soir..." - OS






Voici venir le temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir...



Foutu. Je suis un homme foutu, et je le sais. Toi aussi. Et tu t'en fiches... et tu as raison, comme toujours. Pourquoi prêter attention à des choses si futiles qu'une vie, un avenir... tant que nos corps peuvent vibrer ensemble dans l'harmonie du soir...


Les sons et les vapeurs tournent dans l'air du soir...



Nos pensées se mêlent, s'annihilent, délectable déliquescence de l'esprit. La musique fait trembler les murs... à moins que ce ne soit notre étreinte, passionnée. C'est un amour déjà mort qui renaît encore entre nous, vibrant de désir mêlé de désespoir... nous ne pouvons nous en empêcher...


Valse mélancolique et langoureux vertiges...



Les vapeurs et la fumée ont emporté ma conscience, pourtant j'ai l'esprit tranquille. Ton corps, engoncé dans le mien, me fait perdre pied de la plus délicieuse façon... je reste serein tant que tu restes près de moi.


Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir...



Tes mains sur mon corps caressent sans hésitation, elles me connaissent par c½ur, tu me connais par corps. Oubliés, la banalité et le quotidien qui nous affligent chaque jour, nous faisant crever peu à peu, sombrer dans cette prison qu'est le carcan social... tout s'est envolé, brûlé par l'alcool roulant dans nos veines éreintées. Tout s'est envolé, ne laissant qu'un instant de satiété qui nous débecte et qui nous fait jouir. Dans les lignes blanches sur ta table laquée noire, je peux lire ton avenir. Toi et moi, nous savons qu'il n'existe aucun espoir...


Le violon frémit comme un c½ur qu'on afflige...



Je suis un homme foutu, et toi aussi. Dans la délivrance que seule la démence peut apporter, j'ai oublié depuis bien longtemps cette alliance passée à ton doigt, tout comme tu as oublié jusqu'au nom de celle qui t'attend, là-bas. Dans ce lieu, dans ces draps que tous se plaisent à nommer chez toi...


Valse mélancolique et langoureux vertiges...



Mais toi et moi, nous savons bien que ton seul chez toi, c'est mes bras... et même si parfois on aimerait ne plus y croire, nous savons... nos corps ne peuvent se passer l'un de l'autre, au mépris du reste du monde. Nos esprits sont nos addictions respectives, comme toutes ces saloperies qu'on prend pour tenir la longueur, toi et moi... on sait que c'est mal, c'est ce que tout le monde dit. Mais mon c½ur ne peut plus battre, si je ne me noie pas dans ton regard, mes poumons ne veulent plus respirer si ton parfum ne m'enivre pas. Mon sang se noie dans le whisky, mais je vais bien, tant que mon être peut se repaître de toi...


Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir...



Dans le répit qui s'installe entre deux étreintes, alors que mon oreille repose contre ton c½ur qui bat, la voix d'une femme résonne, triste et lasse mélodie. Comme nous, en somme. Elle raconte l'histoire d'un amour qui ne peut que mal finir, et une perle salée s'en va s'échouer sur ta peau pâle. Tu me regardes, je te souris. Tu sais que je ne vais pas bien à cause de toi, et la réciproque est vraie... c'est un cercle vicieux qui jamais ne nous laissera nous échapper, qui jamais ne cessera de nous étreindre, je crois... et j'en suis heureux. Etrange paradoxe.


Le violon frémit comme un c½ur qu'on afflige...



Je veux bien souffrir, tant que c'est de ta main. Tortures mon corps et calcine mon âme si l'envie t'en prend, tu sais que je te le rendrais au centuple et que tu me feras pire encore. Jamais amour n'aurait pu exister sans souffrance. Pas entre nous, ce serait un affront, ce serait trop banal. Notre vie courante nous tue à petit feux, mais nous renaissons dans cette indicible douleur, dans cette folie qui nous prend au soir tombé...


Un c½ur tendre qui hait le néant vaste et noir...



Frappe-moi, assassine-moi encore, pourfends-moi de la lame de ton mépris, brise mon arrogance. Tu sais que tu ne peux pas vivre sans moi, et tu reviens chaque soir. Tu m'aimes dans la nuit, et l'aurore venue tu m'abhorres. Tu m'insultes, tu me trahis, tu te morfonds chaque jour d'avoir trompé celle qui t'es promise devant Dieu, mais tu sais que tu reviendras ce soir, larmes aux yeux et excuses aux lèvres, car, comme chaque jour, tu comprendras à nouveau que c'est moi que tu trompes avec elle en lui répétant de pathétiques « je t'aime » qui ne veulent plus rien dire...


Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir...



Toi et moi, quoi qu'on en pense, nous sommes faits du même bois. Si semblables dans notre haine de nous-mêmes, et de ce monde absurde qui nous contraint à la stupidité, si indissociables lorsque ton corps se mêle au mien, lorsque nos esprits se perdent, ensemble, dans le néant éclatant de l'oubli, lorsque nous retrouvons notre dépravation lascive et par trop lucide, dans ces lignes blanches tracées sur ta table laquée noire... et à chaque fois on se demande quand. Quand viendra la délivrance du dernier repos, quand viendra la nuit ou nous en prendrons trop, ou nos corps harassés par nos constantes maltraitances cesseront-ils de survivre indéfiniment, presque contre notre gré, quand nos existences passives et insensées s'étioleront-elles une fois de trop, jusqu'à ce que cela soit irréversible, jusqu'à ce que tes mains ne puissent panser mon âme et que mes baisers n'auront plus le pouvoir de te rendre l'énième souffle... quand pourrais-je me blottir dans tes bras sans craindre que vienne l'aurore, et que du rossignol ou de l'alouette je n'aurais plus cure...


Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...



Mes larmes roulent sur ta joue, vermeilles, et l'ombre nous emporte de nouveau dans un jardin d'Eden noctambule et vain, aussi illusoire que tes mots doux. Nous nous endormons enlacés, la tête dans de mensongers nuages, tes lèvres ont le goût de l'alcool dix-huit ans d'âge, j'ai laissé des traces de poudre blanche dans ton cou. L'air est vicié par la fumée de nos cigarettes, mais on s'en fiche, plutôt crever asphyxiés que mourir de froid. Je crois que mon corps tremble, peut-être est-ce le tien... la glace m'envahit, le poison me brûle les veines et me gèle l'âme, tes bras sont mon seul remède contre le mal qui me ronge, autant qu'ils me condamnent à user de telles solutions. Mais sans cela nous savons toi et moi que tout s'éteindrait, tout se terminerait, nous ne tiendrions pas, nous ne pouvons aimer au grand jour, il nous faut le secret de la nuit, et la douleur du secret pour contraindre nos vies à continuer leur cour. Parce que sans cela, tout deviendrait banal, alors nous deviendrions fous, nous ne supporterions pas cela. Tout vaut mieux qu'un quotidien de merde, bien réglé, dans lequel le bonheur n'est qu'un parjure. Nous sommes bien trop fiers pour cela, toi et moi.


Un c½ur tendre qui hait le néant vaste et noir...



Ils voudraient t'arracher à moi, mais ils n'y parviendront pas. Ils voudraient t'enlever à mes bras, me priver de ta présence. Tes regards, si haineux le matin, si amoureux le soir, si tristes, tout le temps... nous sommes des hommes foutus parce que je t'ai perdu, et que j'ai sauté avec toi dans le vide inconnu en constatant ta chute. Jamais je ne laisserais ce monde insipide nous séparer, nous qui nous abîmons pour échapper à cette vie à la con, trop répétitive, dépourvue de but ou d'intérêt quelconque... je t'ai tant fui, et tu as fait pareil, pour la même raison. Je te craignais autant que tu avais peur de moi. Tu paraissais si lumineux et inattingible, drapé de ta royale indifférence, je ne me rendais pas compte que tu étais comme moi, finalement, que tu passais ta vie à fuir le social pour ne pas tomber en aimant par accident et sans retour possible à l'instar de moi-même, qui ai passé le plus clair de mon existence à m'attirer l'inimité des autres, toi compris, pour garder le contrôle sur ma prétendue destinée... ma destinée, je la connais, elle se trouve contre moi, ton corps contre mon corps dans une étreinte désespérée et maladive, la fatalité se foutait de ma gueule et je le lui rendais bien. Je suis un homme fini et je le sais depuis longtemps, peu m'importait ces conneries tant que tu existais, dans la pénombre, ne souriant qu'à moi, ne pensant qu'à moi, n'existant que pour moi...


Du passé lumineux recueille tout vestige...



Non, ils ne te prendront pas, tu es à moi, tu m'appartiens tout entier, tu me l'as promis ! Tu n'as pas le droit de me laisser, tu ne pourras pas continuer ta route sans moi, tu ne pourras plus respirer, tu ne pourras plus voir, tu ne pourras plus sentir, ni toucher, plus rien, si ce n'est moi, mon corps, mon c½ur, mon arrogance et ma tendresse, mes cris ou mes caresses, n'a plus d'importance pour toi... je suis tout ! Et je ne suis rien, sans toi... je n'étais rien avant non plus, qu'un petit con irrésistible que personne n'aurait jamais, j'ai vécu ma jeunesse comme je pensais qu'il fallait le faire, je suis sorti, j'ai bu, bu jusqu'à l'inconscience, j'ai tapé, j'ai joué, j'ai séduit, baisé et jeté sans le moindre état d'âme... avant toi, je n'en avais pas. Et puis tu es arrivé, beau à en faire pâlir un Dieu, plus frais qu'un mannequin sur une affiche Calvin Klein, plus mystérieux que l'Univers lui-même, plus chatoyant de lumière que le Soleil lui-même, encore plus sadique, distant et prétentieux que moi... je t'ai tout de suite détesté, haï d'être si jeune et fringuant et innocent alors que moi je voyais déjà toute la laideur de ce monde, toute la vanité de la race humaine, je t'abhorrais d'être inconscient alors que moi, j'étais lucide... puis je t'ai vu dans cette boite, bouteille au poing, caillou blanc et paille en main, nageant dans tout ce que l'humain a de plus vil comme un poisson dans l'eau. Et j'ai vu ton regard, si dépourvu d'étincelle, ce néant abyssal auquel seule cette malédiction qu'est la lucidité promet immanquablement, et je suis tombé sous ton charme... oui, tu m'avais eu, et tu ne l'as pas fait exprès. Embourbés que nous l'étions dans notre existence passive, et son absurde constance nous étouffant toujours plus, nous nous sommes mutuellement consolés, dans les cris, dans les caresses et dans les larmes, d'être les dernières loques infâmes vraiment dignes d'intérêt. Nous avons vu le temps passer, on t'a fourré entre les griffes d'une héritière sans que tu aies ton mot à dire, quand à moi j'ai hérité, nous avons continué notre absurde chemin ensemble, nous avons plongé ensemble, nagé ensemble, couru, fui... rien à faire, la fatalité court plus vite que nos pas hasardés dans l'indifférence d'un lendemain inconnu, ou trop connu... nulle échappatoire, nulle solution, si ce n'est se perdre... jusqu'à ce qu'on n'en puisse plus. Je ne te laisserais pas te perdre dans des chemins où je ne peux te suivre, attends-moi, ne pars pas, je t'en prie... tu n'as pas le droit...


Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...



Lentement, tu t'éteins, et ma vie s'étiole. Ça y est, ton parfum se meurt, et je ne respire plus. Le poison se répand, ta peau devient froide, mes mains se glacent, mon c½ur insolent se fige. Ma gorge me brûle, mon désarroi, ma haine, ma douleur ont pris la forme d'un cri. Je crie cette vie insipide qui nous a forcés à nous perdre, je crie cet avenir que nous n'avons jamais eu, je crie le désespoir qui m'enserre et m'étreint, et m'éteint, et je hurle ta perte et tes paupières closes, cachant le néant que moi seul savait remplir, je hurle la perte de mon unique amour, la fin de notre rêve, de notre mensonge, je te demande de m'attendre encore un peu, rien qu'un instant, je hurle à la mort, et je hurle que je t'aime, je t'aime, je t'aime...


Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir...



Ma voix se brise, mon âme se déchire, mon c½ur s'arrête...

Dans pénombre, m'attendant, tu es là, qui sourit...





Eve J Hoang...
Charles Baudelaire...









Sasu: Nan mais en fait c'est la pure déprime, tout le monde meurt, quoi... t'as des problèmes au boulot ? Ton mec te trompe ? Pourquoi tu manges moins de boulettes ? Qu'est-ce qui t'arrives ? Oo

Eve: C'est qu'il me gonflerait, en plus... ><

Nana: Cessons ici ces futiles conversations, j'ai envie de dire... désespoir, quoi... --'

Eve: Oui, on sait, la branchitude te déprime, le fussoire te fatigue, et caetera...

Nana: Exact.

Eve: Ah oui, et l'entropie est une salope !! >O<

Nana: C'est pas faux... --'

Sasu: Bonjour monsieur, vous avez les briques roses qui font manger moins de boulettes ? T'es gentiiiiil... mets-moi deux douzaines. =D

Eve: Il a pété les plombs... Fuck !!

Nana: Fallait pas t'acharner sur lui. Désespoir...





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#Posté le dimanche 28 mars 2010 17:28

Modifié le vendredi 11 juin 2010 13:35

"Lettre à ceux qui m'obligent..."







"Avant, j'étais seule. Seule et abandonnée dans un monde insoucieux de mon sort. Personne ne voyait mes larmes, personne n'entendait mes cris, personne ne se souciait de ma douleur, de ma solitude...

Puis quelqu'un m'a fait une place dans sa vie, dans son c½ur. Nul besoin de parler, il savait déjà. Il était ma dernière chance d'obtenir la paix, éteindre ma part d'ombre, illuminer un chemin nouveau, une route qui mènerait quelque part, pour changer.

Avoir un but...

Mais cela n'a pas marché, on m'a refusé mon havre, on m'a arraché le c½ur, calciné l'âme et la raison. On m'a pris ce c½ur de substitution, celui par lequel j'aimais par procuration. J'ai pleuré, hurlé, j'en crève encore. J'ai longtemps cru que je ne verrais jamais le bout du calvaire, cru que tout était fini et qu'en même temps cela n'aurait jamais de fin...

Lorsqu'on m'a dit que mes jours étaient comptés, j'ai compris. Compris que les jours n'avaient ni but ni raison de toute façon, alors autant se laisser porter jusqu'à ce que le c½ur cesse de battre, éreinté. J'ai compris qu'il y avait encore quelqu'un dans ma vie, quelqu'un qui m'a accueillie dans sa vie sans contrepartie, j'ai une famille, j'ai une âme plurielle, je t'ai toi...

Tu es devant ton écran, tu lis tranquillement, sans comprendre. Parce que mes mots ne veulent plus rien dire, emplis de haine, emplis de néant, ils ne veulent plus rien dire, je n'ai plus rien à dire.

Je vis pour toi et tes semblables, je vis pour tes larmes, pour tes rires, je vis pour que tu t'envoles, pour que tu tombes avec moi, pour que tu fasses connaissance avec mon néant, mon désespoir d'écorché vive, ma dépravation de paumée, ma dégradation voulue et ma débauche trop poussée, je t'aime, et je te hais, parce que tu me maintiens en vie alors que je n'en ai plus la force, tu m'obliges...

En moi se mêlent tendresse et violence, formant un maelström de sensations qui se percutent sans fin, et les mots, les phrases se mélangent et ne veulent plus rien signifier, tout est si brouillon, cela ne vaut plus rien, une daube infâme, déchirée que je suis entre mon amour et mon désespoir, mon envie de continuer et ma fatigue indicible, et même si je ne me désisterais pas avant que tout cela cesse, que ma fin vienne enfin, je te hais, je t'abhorres de me faire marcher sans que j'en aie encore conscience, mes pas se succèdent et me consument, je n'en peux plus, je deviens folle, la démence me gagne peu à peu, tout s'emmêle dans ma pensée, dans mes lignes, et tu ne comprends rien...

Es-tu encore en mesure de saisir ma douleur, saisis-tu à quel point je souffre, ressens-tu ma détresse ?

Ton c½ur bat au côté du mien, tes larmes coulent avec les miennes, ma démence te gagne, mon désespoir t'enchante, tu pleures mon malheur et tu le trouves beau à crever, et moi je crève pour de bon, dans ton indifférence austère.

Tu me détesteras quand je lâcherais prise, tu me haïras et tu m'oublieras alors que je vous dédie ma vie, à toi et à tes semblables, vous dont je ne connais ni le nom ni le visage, ceux qui jamais ne m'adresseront la parole, ceux qui me couvrent d'éloges, ceux qui me critiquent ou me portent aux nues, ceux que je hais, ceux que j'aime, ceux qui me ressemblent et ceux qui ne peuvent me comprendre, ceux qui baigneront dans le sang de ma plume, consciemment ou non, ceux qui savent ou pas, ceux qui sont paumés comme moi, ceux qui ne comprennent pas, ceux qui mourront avant moi et ceux qui sont déjà partis, ceux pour qui j'écris, ceux qui ne me liront jamais, ceux qui font le pire comme le meilleur...

Je n'ai rien à gagner, et plus rien à perdre, peut-être me foutra t-on la paix si j'apprends à fermer ma gueule, mais je sais que même morte, je continuerais à l'ouvrir, peut-être me laissera t-on partir si je cède à mes tendances misanthropes, peut-être que je vous emmerderais plus longtemps que prévu, peut-être qu'un jour, j'aurais trente ans au lieu de crever à vingt-six, peut-être que vous finirez par en avoir marre, de moi, de toujours lire la même histoire, peut-être vous fatiguerez-vous de ma violence, ou peut-être pas...

Mais si tu quittes ton écran sans prendre la peine de me forcer à survivre, je ne tiendrais peut-être pas dix ans, mon c½ur n'aura plus de raison de se battre. Je vis seule, je crèverais seule, peut-être, avec de la chance, retrouverais-je mon aimé déjà parti, mais saches que si tu n'es un but, tu m'obliges à continuer mes inepties.

Si toi et tes semblables ne versez plus mes larmes taries, je n'ai plus de raison de rester, plus besoin d'exister.

Vous êtes mes jours, vous me consumez, vous respirez pour moi, je vis par procuration, vous souffrez en ma compagnie, vous lisez mon histoire pathétique... et demain, lorsque vous aurez trouvé un lampadaire que vous confondrez avec le soleil, lorsque vous en aurez assez de mes larmes, de ma lucidité, lorsque vous m'abandonnerez...





Je partirais sans regret, puisque ma vie vous est dédiée..."






Eve J Hoang...














Eve: Ceci est une lettre adressée à chacun de mes lecteurs. Parce que, vous le savez déjà, vous êtes la raison même de mon existence, je vous dois tout, chacun des battements de mon coeur, et je vous aime de tout mon être... que ce soit Mimie, Sushie, Eowin, Michiwo, Yuki... et tant d'autres dont je ne puis citer les noms... cette lettre est pour vous, et je vous sers, avec elle, ce qu'il reste de mon coeur sur un plateau d'argent...

Sasu: C'est vraiment...

Eve: PAS LA JOIE, ON SAIT !! Pas la peine de te répéter cent fois, bougre de bordel de mes burnes !!! >O<

Nana: Naaaaan, Eve, pas taper, déjà qu'il est complètement débile en ce moment... --'

Eve: FUCK !!!

Naru: Il est éreinté par ses horribles rôles dans les OS, et la période actuelle dans le manuscrit de "Angels Lost in Hell" ne prête pas au repos... ç_ç

Sasu: Mon Naruuuuuu....*^*

Nana: Désespoir... j'ai besoin d'un verre, là... un bon petit litre de kir... nan ? Pourquoiiiiii est-on dimaaaaaaanche !!!! T0T





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#Posté le dimanche 28 mars 2010 18:34

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